Tenebrae a perdu sa Reine il y a de ça de longues années.
Mais aujourd'hui, elle est revenue. Tenebrae renaitra.
Qui seras-tu ? Avec qui seras-tu ?
 

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Une visite surprise...et mémorable || PV Adrian Spade
Roxane Claes
Une visite surprise...et mémorable
Roxane Claes & Adrian Spade

   

   


Un léger déclic m’avertit que la porte était déverrouillée. Un mécanisme légèrement plus complexe que ce que j’avais déjà pu trouver, et qui m’avait pris quelques minutes en plus à débloquer. Deux minutes, peut-être même trois. C’était trop. Beaucoup trop. Chaque seconde perdue était un risque en plus à franchir. Du temps de fouille en moins. Un butin mis au rabais.
 
Je secouai légèrement la tête, chassant ses pensées inutiles. D’accord, cela c’était passé autrement que prévu. Mais j’étais venu dans le but de remplir mes poches et je devais profiter de ce qu’il me restait comme temps pour être le plus efficace possible. Plus l’occasion de traîner. Maintenant, c’était l’action. Le maintien du silence. L’attention portée au plus haut point. Pas question de traîner davantage et de se faire prendre. Heureusement, aucun voisin ne m’avait repérée, ce qui s’expliquait assez clairement par l’heure tardive ou matinale de mon « travail ». 3h40 ; tout le village était endormi depuis longtemps.
 
J’ouvrai la porte avec une douceur qui contrastait avec l’acharnement pourtant discret que j’avais exercé sur la serrure. Pas de lumière allumée ou de bruit environnant, signe que le propriétaire était bel et bien lové dans les bras de Morphée. Tant mieux – cela m’évitait de partir en quatrième vitesse sans avoir pu emporter quoique ce soit. Je m’avançai dans la bâtisse, à la recherche d’éléments de valeur à emporter.
 
Je n’avais pas de but précis, ni de recommandations appuyées de commanditaires mesquins. Cette nuit, je venais m’emparer d’objets dans mon simple intérêt, pour apporter un peu de quoi vivre à ma famille et aux miens. Mon père c’était certes remis depuis que ce foutu ange l’avait soigné, mais il restait faible. Des soins appropriés ne faisaient qu’appauvrir nos bourses – il fallait trouver une source d’argent digne d’intérêt. Et quoi de mieux qu’une maison dans une bourgade, bien tenue comme un signe certain de richesse ? Rien d’affriolant, bien sûr ; s’attaquer à plus haut était une possibilité de rencontrer d’autres systèmes de verrouillage, d’alarmes ou même de sentinelles. Voler les pauvres ne rimerait également à rien. C’est pourquoi j’avais choisi cet endroit – un parfait entre-deux qui s’avérait prometteur. Satisfaite, je ne pus réprimer un sourire alors que je m’avançai plus profondément dans les entrailles du lieu. Je n’avais que dix minutes tout au plus. Mais ce serait largement suffisant.
 
Je m’introduisis directement dans ce qui semblait être le salon, enfonçant tout ce qui pouvait avoir ne serait-ce qu’un peu de valeur dans mon sac à dos, prête à le remplir à raz-bord. Je ne prendrai rien d’encombrant – il aurait fallu être plusieurs pour cela, et sûrement pas à une heure aussi avancée de la nuit – me contentant des petits objets qui pouvaient pourtant à eux seuls me rapporter gros. Je ne savais pas qui habitait véritablement ici, mais il possédait parmi d’autres babioles de petites perles qui faisaient frémir mon avarice. Avec un peu de veine, j’aurais même assez pour ne pas avoir à entrer dans une autre maison ! C’était mon jour de chance.
 
« Bon ! Il faut filer, maintenant. Je ne vais pas me risquer là-haut. »
 
L’étage semblait toujours profondément endormi – à combien vivaient-ils ici, exactement ? Signe que j’avais été, comme d’habitude, suffisamment discrète pour que les propriétaires ou locataires ne se rendent compte de rien. J’aurais presque envie de voir leur tête au petit matin, lorsqu’ils verraient leur précieux petits bébés envolés à jamais ! Après tout, c’était leur rendre service en les débarrassant de leurs achats compulsifs ou de bijoux familiaux dont ils ne savaient plus que faire…N’est-ce pas ?
 
Je dois dire que j’étais particulièrement contente de moi. Tout c’était passé encore mieux que prévu. Nul incident, nul esclandre aux alentours, et que de bons produits à revendre au prix fort. La nuit parfaite, qui nous aiderait encore à vivre un moment. Sauf que…Sauf que la nuit parfaite n’existe que dans nos rêves des plus tarés. Il y a toujours ce petit couac, cette chose, même infime, qui peut faire chavirer les moments les plus satisfaisants. Un cri de surprise brisa ce silence mirifique qui hantait pourtant les lieux.
 
Je ne m’étais pas attendue à ça.

   
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Roxane Claes
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27.01.19 22:41
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Adrian Spade
3h17. Tu ne dors toujours pas. Tu n’arrives pas à dormir. En réalité, tu peines à bien dormir depuis que tu es ce que tu es. Un cliché ? Le vampire qui n’a pas besoin de dormir ? Foutaises. Tu as sommeil. Tu aimerais dormir comme un vieux mort. Ah. Quelle ironie de penser ça car en soi, tu es mort. Tu vis juste parce que tu es maudis. Si seulement tu pouvais faire payer à ce connard ce qu’il t’a fait, peut-être dormirais-tu un peu mieux que ça. Mais cette tâche est bien difficile. Trop difficile pour le moment. Alors tu te contentes de « vivre » comme il faut en attrapant tout détail qui pourra t’être utile ce jour où tu obtiendras ta vengeance.

Tes yeux se ferment à nouveau. Mais rapidement tu tournes dans ton lit, faisant valser les draps comme s’ils étaient une gêne en plus. Non. Pas moyen. Le sommeil ne vient pas. Et ça t’énerve. Tu pestes intérieurement avant de soupirer comme un dingue. Une main passe sur ton visage, camouflant ton regard dépareillé ainsi que ton sourire en coin, signe d’une autre inquiétude qui commence à prendre le dessus. Tu as faim. Et ça, ce n’est jamais bon signe car autant dire les choses comme elles sont : manger une pomme ne te rassasie plus comme avant. Et tu n’as pas de réserve de sang adéquate dans ton réfrigérateur. Forcément. C’est bien ta veine.

3h40. Tu ne dors toujours pas. Et tes pupilles se dilatent alors que tu fais le plus grand silence autour de toi. Un bruit. Un bruit de... porte ? Une personne adorablement endormie n’aurait rien entendu mais non seulement toi tu ne dors pas, mais en plus, tu as une ouïe qui dépasse tout entendement. Cette maudite transformation t’aura tout de même apporté quelques avantages. C’est ce que tu te dis avec folie malsaine pour te remonter le moral comme tu peux. Car tu détestes vraiment ce que tu es. Tu aurais voulu vivre normalement. Comme tout humain sur cette Terre avant que des Créatures ne commencent à l’envahir. Créatures auxquelles tu fais maintenant partie contre ton gré.

Tu attends quelques secondes. Tu n’es pas fou et tes tympans ne t’ont pas berné. Il y a bien quelqu’un qui vient de forcer ta porte d’entrée. Allons bon. Tu aurais pu t’attendre à tout mais de là à te faire cambrioler. Dans un sens, tu t'en fous. Ce n'est pas vraiment ton chez toi. Quoi... ? Tu n'as pas le droit de prendre des vacances ? Ce n'est qu'une location en plein pays d'Angleterre. Ton visage reste neutre le temps d’une réflexion qui ne te rassure pas. La possibilité que Lukas t’ai retrouvé effleure ton esprit et la colère vient déjà envahir tout ton être. L’occasion serait belle mais en même temps, tu n’es pas prêt pour une telle confrontation. Alors une certaine peur te gagne. Il te faut de longues minutes pour te reprendre et faire le rapprochement entre ce que tu entends et ce qu’aurait déjà entrepris ton créateur. Ce n’est pas Lukas. C’est si... désordonné et le bruit typique de verrerie ou autre qui tombe dans un sac. Il s’agit juste là d’un simple voleur trop peu discret.

Bien. Tu te lèves. Tu comptes bien aller voir de toi-même ce qu’il se passe. De toute manière, tu ne peux pas dormir. Et ce n’est pas comme si tu craignais quelque chose, n’est-ce pas ? Tu enfiles une chemise rapidement que tu ne prends pas le temps de fermer et tu sors de ta chambre sans faire un bruit.  Tu te postes en haut des escaliers qui mènent à l’étage inférieur. Tu ne vois rien mais tu entends de mieux en mieux. Tu souris. Et si tu prenais le voleur dans son propre piège... ? Tu descends alors telle une ombre qui se faufile sur les murs avant de te diriger vers l’entrée du salon. Une silhouette bien distincte vient imprégner tes prunelles. Et alors même que la lumière est absente, tu peux distinguer correctement le corps et le visage d’une femme. Une femme ? Tiens donc ! Encore plus amusant. Mais ce qui fait que tu te marres encore plus intérieurement c’est que cette dernière croit que tu dors. Probablement. Alors que tu es adossé au mur, près de l’interrupteur, et que tu la regardes agir comme si de rien n’était. Amatrice.

Tu attends encore un peu puis quand tu vois qu’elle s’apprête à filer, tu finis par allumer la lumière d’un coup. Sans aucun bruit apparent qui aurait pu alerter la voleuse. Et ça fonctionne plutôt bien quand tu entends son cri résonner dans toute cette petite maison. Tu fausses un bâillement en plaçant grossièrement ta main devant ta bouche.

« Et bien, et bien... ? Vous en faites un boucan... »

Tu fixes alors la jeune femme en prenant bien soin de l’examiner de haut en bas. Jolie demoiselle. Dommage qu’elle soit entrée chez toi de cette manière car de toute évidence, tu ne prendras pas soin d’être un hôte des plus chaleureux. Tes yeux brillent de malice alors que tu les plisses légèrement avant de regarder un peu partout autour de l’intruse.

« Moi qui avais enfin pris le temps de faire le ménage. C’est embêtant... »


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10.02.19 15:33
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Roxane Claes
Une visite surprise...et mémorable
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Un éclair lumineux jaillit d’un coup dans toute la pièce, provoquant une pointe de douleur dans mes pupilles. Je m’étais habituée à l’obscurité ambiante, d’autant plus profondément que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’une quelconque lumière épouse les silhouettes des objets. Incrédule, je me redressai vivement, faisant face à l’individu qui avait encore le doigt sur l’interrupteur, appuyé de toute sa fine masse sur le chambranle de la porte. Il paraissait plus ennuyé de me voir qu’effrayé. Plus fâché que je le tire de son précieux sommeil qu’emmerdé par mon larcin lui-même. En réalité, le plus surpris des deux, c’était moi. Je ne l’avais absolument pas entendu venir. Depuis quand était-il présent à me regarder de son air dubitatif ?

-Et bien, et bien... ? Vous en faites un boucan...


Le jeune homme prend le temps de me détailler, son regard m’auscultant de tous côtés. Un frisson d’horreur me parcourt à l’idée de faire face à un autre magouilleur du type de Shanxiki. Il est hors de question que je me laisse faire – tout comme je me refuse d’abandonner mon trésor ici. Il me promettait trop de jours d’aisance pour faire un trait définitif dessus. A la rigueur, si j’en perdais en cours de route, dans ma fuite, ça ne serait pas tellement grave. Emmerdant, ça oui, mais je pourrais m’en remettre.

Je serre férocement le poing sur mon sac de toile, décidée à ne pas lui laisser le temps d’agir. Ses yeux s’écartent de moi, se posant sur les meubles éventrés, au contenu éparpillé ou manquant. C’est l’occasion en or. Sa garde est baissée - d’autant qu’il reprend la parole de plus belle, encore accaparé par l’état désolé des lieux.

-Moi qui avais enfin pris le temps de faire le ménage. C’est embêtant...


Je ne prends pas la peine de répondre. De ma main libre, je fouille le contenu de mes poches pour en tirer une petite dague que je garde constamment sur moi. Pas de chance pour lui, je savais m’en servir. Mais si je pouvais partir sans faire de dégâts, ce serait d’autant mieux. Il ne restait qu’à espérer que la lame fasse son effet. En général, même les individus débonnaires étaient toujours surpris. Peu s’attendent à ce qu’une femme de mon acabit les menaces. Une chance, à vrai dire. Car même si mon petit bijou pouvait blesser, il ne pouvait rien devant d’autres armes plus avantageuses. Mais je comptais bien ne pas lui laisser l’occasion d’y penser.

Mes gestes se veulent rapides. Je lui balance mon sac en pleine face, devenu suffisamment lourd pour sonner quelqu’un, avant de m’avancer vers lui et de lui adjoindre un magnifique coup entre les parties. Le déstabiliser. Lui faire perdre de précieuses secondes pour l’empêcher d’alerter qui que ce soit. Me laisser le temps de filer. C’était tout ce que je voulais.

Ne prenant pas la peine de vérifier l’étendue des dégâts, je m’empare à nouveau de mes affaires, ma dague toujours maintenue entre mes mains. Je connais déjà le chemin vers la sortie, de même que cette cité résidentielle pour m’y être aventurée plusieurs fois la nuit. Les recoins sombres dans lesquels se dissimuler étaient gravés en une carte dans ma mémoire. Le tour était joué.

-Ciao, baby !

Il ne m’avait fallu que quelques secondes pour lui fausser compagnie. Il est si facile de s’enfuir, en réalité.

   
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Roxane Claes
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11.04.19 23:21
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Adrian Spade
Tu fais mine de bailler pendant un long moment mais au fond de toi, tu meurs juste d’envie de rire un bon coup. Si cette petite rouquine pouvait seulement voir sa tête à l’heure qu’il est ! Tu imagines même très bien ce qu’elle peut penser. Pourquoi il n’est pas plus affolé que ça... ? Ah. Ça te fait sourire. Il en faut bien plus pour que tu prennes peur. En réalité, la peur ne te gagne plus vraiment depuis ce carnage que tu as subis. La seule créature qui serait encore apte à te faire angoisser n’est autre que celui qui a fait de toi ce que tu es. Mais fort heureusement, ce n’est pas lui qui a forcé les verrous de cet appartement. Simplement une jeune insolente. Alors tu ne te prives pas pour jouer de l’ironie.

Ton regard parcourt les lieux mais ton ouïe ne perd pas ta cible de vue. Oui. C’est maintenant devenu ta cible. Tu es peut-être volé, mais tu ne seras pas le perdant. Cette petite garce se souviendra de son passage dans les environs, à n’en pas douter. Peut-être apprendra-t-elle aussi que tout habitant du coin n’est pas forcément ce à quoi elle s’attend. Au vu de son désordre et de sa surprise, mais également de la manière dont elle agrippe son sac, elle n’est au courant que de trop peu de choses. Elle se comporte comme si elle avait un simple humain en face d’elle. Grossière erreur.

Pas un seul de ses gestes ne t’échappe. La lame qu’elle prend le soin de sortir de sa poche scintille au creux de tes pupilles légèrement dilatées. Quel cran. Si seulement elle savait. Mais elle ne tardera pas à se douter que quelque chose n’est pas normal. Ne serait-ce qu’au moment où ce sac se dirige vers ton petit minois. Si facile d’esquiver ce projectile bien lent. Mais déjà moins facile de prévoir que tu allais te prendre ce coup si bas. Digne d’une femme en pleine défense. Disons que la faim perturbe légèrement tes réflexes, n’est-ce pas ? Un sale grognement t’échappe alors que tu plisses ton visage entier sous cette douleur que tu ne peux pas nier. Même un vampire ne peut pas résister à ce genre de bassesse...

« Ciao, baby ! »

Hors de question. Cette petite greluche n’ira nulle part. Pas après un coup comme celui-ci. Ton sourire narquois s’efface légèrement avant que la frustration ne te gagne. On ne te prend pas comme ça impunément. Te voilà bien fâché de t’être pris un tel coup. Tu ne perds pas une seule seconde. Avant même que la demoiselle pense être libre et à l’abri de tout danger, ta main vient claquer sur la porte d’entrée. La voilà coincée. C’est dans des moments comme celui-ci que tu aimes avoir ce genre de don. La rapidité et l’agilité.

« Où tu vas comme ça... Tu viens à peine d’arriver... Baby... »

Tu relèves alors ton visage qui s’illumine sous la lumière de l’appartement. Un teint plutôt blême et un rictus en coin qui laisse apparaitre un bout de canine. Une protubérance bien anormale pour un humain. Et tu ne cherches pas à le cacher. De quoi lui rajouter une petite frayeur et lui faire comprendre qu’elle est rentrée dans la mauvaise maison. Tu prends la peine de bien fermer la porte à clef avant de te déplacer telle une ombre juste derrière cette cible bien idiote. De toute manière, porte fermée ou pas, elle ne pourra pas sortir. Tu seras toujours plus rapide qu’elle. Tu souffles légèrement sur la chevelure rousse qui se dresse devant toi.

« Un coup comme ça, je ne le pardonne pas. Surtout quand j’ai faim. »

Une menace ? Non. Si tu avais vraiment été un vampire comme celui qui t’a créé, cette voleuse serait déjà morte.


Adrian - Vampire... Ou pas...
« Quoi ? C'est pas moi. Je ne comprends pas. » × by lizzou.
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Adrian Spade
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01.06.19 9:14
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Roxane Claes
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Roxane Claes & Adrian Spade

   

   


Le plan du quartier se dessine à une vitesse folle dans mes pensées, de sorte que je sais exactement quel chemin prendre pour me débarrasser de lui sans qu’il ne parvienne même à voir mon ombre quelque part. Je n’ai qu’à appuyer mollement sur la poignée pour que l’air frais de la nuit m’engloutisse dans ses entrailles ténébreuses. Tout mon corps est tendu vers cette volonté que je sais sans faille. En tous cas, dans notre humble monde de mortel, cela marchait à tous les coups. Mais, pour la deuxième fois en l’espace de si peu de temps, je venais de tomber sur un être bien loin de toute humanité. Et ça, il me fallut un centième de seconde pour m’en apercevoir. Un centième de seconde bien trop tard.

-Comment… ?

Ma bouche s’entrouvre légèrement devant ce retournement de situation. Mes pupilles n’ont pas même eu le temps de suivre la trace de son corps en mouvement – déjà, il se trouve devant moi, à fermer d’un coup sec cette porte qui aurait dû me mener vers la liberté. Une vitesse vertigineuse, qui ne pouvait pas appartenir à celle d’un simple homme du monde. Mes sourcils se froncent, ma gorge se serre. Mon esprit calcule pour trouver une autre issue, et se concentre sur une fenêtre. Il la voit, brisée, cherchant à profiter de l’effet de surprise pour m’infiltrer une bonne fois pour toute dehors. Mais il me voit aussi, succombant sous le poids de cette…créature, dont les gestes rapides ne me permettraient pas de mener à bien mon plan. Mes yeux se reposent sur lui, sur les endroits que je sais vulnérables. Je pourrais l’attaquer. Risquer de lui asséner un autre coup, ailleurs, pouvant lui couper le souffle. L’assommer. Mais je ne connais pas sa force. Ni ses capacités à récupérer. A vrai dire, le nombre de chance qui me reste est assez moindre. Négocier ? Le souvenir de Shanxiki me donne un haut le cœur. Je n’avais pas l’intention de me retrouver à nouveau sous l’emprise de quelqu’un – et encore moins d’une…chose. Il n’y a que quelques secondes qui viennent de se dérouler, et pourtant, je me sens déjà prise au piège.

-Où tu vas comme ça... Tu viens à peine d’arriver... Baby...

Il se penche légèrement vers moi, visiblement amusé par cette situation, et son visage accroche un instant la lumière de la maisonnée. Je perçois la ligne de sa mâchoire, la finesse de ses traits, la férocité de ses lèvres. Et puis un détail, infime, qui me fait comprendre aussitôt à quel genre de personne j’ai affaire. Un bout d’émail, presque discret, mais bien plus important que la moyenne. Mes iris fixent ces canines avec stupeur, alors que mon cœur rate un battement. Un…vampire ? Je sens mes sourcils se froncer, abasourdie. Certes, après un ange, plus rien ne devrait m’étonner. Mais de plus en plus, j’ai l’impression que ces créatures qui auraient dû rester dans les contes prennent un malin plaisir à sortir de leurs lignes pour croiser ma route. A croire que je les attirais. Où se trouvaient donc les humains, les plus ordinaires et faibles qui soient ? Leur simplicité venait presque à me manquer.

Je recule, ne sachant trop comment réagir. Mon interlocuteur choisit ce moment pour disparaître à nouveau, de sa vitesse folle, pour se glisser derrière moi. Je sens son souffle chaud glisser sur mes cheveux avant même de sentir sa présence. Je n’ai même pas eu le temps de cligner des yeux. Mon dos rencontre sa poitrine, mon pas arrivant bien trop tard derrière ses gestes. En un mouvement, il pourrait m’emprisonner de ses bras. Je serre ma dague férocement, décidée à ne pas me laisser faire malgré tout. J’avais un honneur à conserver. Ridicule ou pas, je ne m’avouerai vaincue qu’en dernier recours.

-Un coup comme ça, je ne le pardonne pas. Surtout quand j’ai faim.

Je déglutis, le visage blême, cherchant au fond de mes souvenirs la manière dont les histoires évoquaient les vampires. Leurs faiblesses, et leurs désirs. Est-ce qu’un coup en plein cœur pourrait venir à bout de lui, comme toute chose en ce monde ? Ou fallait-il réellement se balader avec un pieu en poche, juste « au cas où » ? Ce qui n’était évidemment pas mon cas.

-Va t’acheter un steak.

Je souhaite une voix forte, féroce, mais ce n’est qu’un pauvre murmure qui se déclare. Ma mâchoire se serre, se concentrant sur ce souffle qui n’a pas décollé de ma nuque. Désireuse de m’en écarter, je me retourne pour lui faire face à nouveau, pleine d’animosité. Il devait croire qu’il ne m’impressionnait pas. Ce serait peut-être une chance.

-On peut peut-être négocier.

Je regrette ses mots avant même que je ne les prononce. Pas encore une fois. Je revois le visage de Shanxiki, ses propositions absurdes et illégitimes. Mais tous n’étaient pas comme lui. Peut-être pas.

-Je te rends le contenu du sac, tu me laisses filer…

Du moins, ce serait une partie de ce que je lui ai…emprunté. Tout ne figurait pas dedans – il y avait plein d’endroit, pleine d’imagination, où je pouvais dissimuler des choses. Les objets les moins encombrants n’avaient rien à faire dans un sac. Mais ça, il n’avait pas à le savoir. Ce que je lui offrais maintenant, c’était un échange d’apparence honnête. Nous serions quittes – j’avais la certitude d’une vie sauve, malgré ma défaite du larcin. Il y aurait d’autres fois.

-…Et on n’en parle plus.

   
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Roxane Claes
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01.08.19 12:42
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Adrian Spade
« Comment… ? » Ça... La demoiselle le découvrira bien assez tôt. Tu te dis qu’elle n’avait qu’à réfléchir avant d’agir. Elle n’avait qu’à penser que peut-être, elle n’était pas tombée dans une demeure où les habitants sont stupides et simplets. Elle avait qu’à se dire qu’il n’y a pas que des faibles d’esprits à manipuler dans les environs. Peut-être bien que ça lui donnera une bonne leçon sur la question. Ou peut-être pas. Mais au final, tu t’en fiches. Il est temps de faire un peu peur à cette demoiselle qui se croit tout permis.

Tu n’as pas encore pipé mot que tu peux sentir la stupéfaction chez cette rouquine. Son regard qui change. Ses sourcils qui se froncent. Et surtout, le plus alléchant, cette respiration qui s’accélère. Ces battements de cœur qui sont bien plus rapides que la normale. En quelques secondes seulement, tu arrives à percevoir tous ses gestes, tous ces regards qui fuient vers des solutions que tu sais déjà vaines. Après un coup aussi bas, tu ne laisseras pas cette voleuse s’en tirer sans quelques frayeurs bien méritées. Ta main est toujours bloquée sur la porte que tu couves comme si elle cachait un trésor à ne pas dévoiler. Toujours dans l’ombre, tes pupilles se focalisent sur les mouvements d’iris de la demoiselle. Elle te sonde. Mais tu sais qu’elle perd son temps. Alors tu laisses un rictus gagner du terrain avant d’enfin parler pour la freiner dans son élan.

La scène ne dure que quelques secondes. Quelques secondes avant que tu ne te retrouves derrière cette petite peste à lui souffler dans le cou pour éveiller un peu plus de frayeur. Mais ces quelques secondes t’ont largement suffit pour détecter la peur. La surprise. L’incompréhension. Cette canine dévoilée déclenche presque les remords chez ta victime et sa prise de conscience. Elle se rend enfin compte que le peuple des Humains est à moitié rempli de créatures plus ou moins peu recommandables. Enfin... Si on peut parler de victime. Tu ne comptes pas tuer ni martyriser cette jeune femme. Tu veux juste t’amuser un peu.

Elle serre son arme alors que son corps percute le tien. Ah. Inutile. « Va t’acheter un steak. » Et en plus, elle fait preuve de sarcasme ? Est-ce là son arme pour faire face à l’angoisse qui la gagne ? Elle ne peut pas le nier. Son corps te parle. Tu entends et tu perçois tout. Mais le cran dont cette rouquine fait preuve te surprendrait presque. En voilà une au moins qui n’a pas peur de se défendre même en sachant qu’elle peut y rester. Mais tu ne le diras pas. Bien au contraire. Des qu’elle se retourne pour te faire face, tu la lâches et tu te mets à rire avec frénésie.

« Inutile de tirer tes rides en avance avec cette tête, gamine. Je te signale que le steak, c’est toi. Pour le moment. Et que si je ne t’ai pas encore saigné, c’est parce que tu me fais bien marrer. »
« On peut peut-être négocier. »

Et là, c’est la totale. Tu ne ris plus. Tu éclates de rire en te laissant lourdement tomber dans un fauteuil non loin de là.

« Négocier ? J’ai bien entendu... ? Tu veux... négocier ? Tu pensais seulement à négocier quand tu as forcé le verrou de ma porte ? »
« Je te rends le contenu du sac, tu me laisses filer… »
« Ben voyons... »

Et on en parle plus ? Tu n’es pas né de la dernière pluie. Oh ça non. Tu as des années de vie derrière toi et tu sais ô combien l’être humain qui est perfide peut fomenter comme un lâche pour se sortir de situations qu’il ne maitrise plus. Tu restes calé dans le fond de ton fauteuil et tu finis par croiser les bras en fixant fermement cette petite voleuse bien mal en point. Le moindre geste et tu peux encore la devancer sans qu’elle ne s’en rende compte.

« Je peux reprendre ce sac moi-même. Et je sais très bien que tout n’est pas dedans. »

Tu souris encore en coin en gardant le visage de cette femme au creux de tes pupilles. Tu lui fais même un léger signe de tête pour lui montrer les ouvertures possibles pour fuir. Mais ce mouvement est significatif de piège assuré. Et tu fais en sorte qu’elle le comprenne bien. Si elle bouge, tu bougeras aussi. Et assurément plus vite que ses petites jambes tremblantes.

« Je n’ai pas envie de négocier ni même de te laisser une chance. Tu auras compris que tu n’es pas entrée dans la maison du stupide Humain qui se laisse avoir comme un gueux. Et je n’ai pas besoin de te faire un dessin concernant l’identité de celui chez qui tu es légalement venue... »

Tu souris encore en laissant de nouveau ta canine en vue.

« Je n’ai jamais saigné de rouquine ? C’est comestible d’après toi ? »


Adrian - Vampire... Ou pas...
« Quoi ? C'est pas moi. Je ne comprends pas. » × by lizzou.
Adrian vous mord en #0b477c
Adrian Spade
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25.08.19 13:29
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